17 Octobre 2000
Auteur/Compositeur:
Gérald De Palmas - Jean-Jacques Goldman - Maxime Le Forestier
Musiciens : Gérald De Palmas (guitares, basse & programmations) - Pascal B.Carmen (guitares) - Sébastien Chouard (Guitare) - Bernard Viguié (Basse), Amaury Blanchard (Batterie), Peter Gordeno (Clavier)
L'album
C'est en 1999, que "des bruits de couloir" murmurent que Gérald De Palmas serait en préparation d'un nouvel album. En Septembre 2000, il y a confirmation de ces bruits de couloir, Gérald De Palmas effectivement sortir un troisième album. Chose dite chose faite le 17 octobre 2000 quelques jours après avoir fêté ses trente-trois ans, Gérald De Palmas sort chez Universal Polydor son troisième album intitulé "Marcher dans le sable", titre qui fait allusion à sa longue "traversé du désert" et c'est aussi la phrase de la première chanson de l' album.
Ce que Gérald De Palmas appelle « traversé du désert » c’est la longue crise de manque de confiance en soi qu’il venait de traverser suite à "l'échec" de son précédent album: "J' essayais de pallier mon manque d' inspiration en réfléchissant trop, en calculant l' incalculable. J' écrivais bien je foutais à la poubelle textes et compositions sans chercher à comprendre, car je n' étais jamais satisfait." En effet de 1997 jusqu’ à la fin de l’ année 1999, Gérald De Palmas perdit toute confiance en lui mais il était tenace, il croit toujours au fond "(...), finalement je ne lâche pas le morceaux, je reste patient et les choses finissent par se débloquer". Les choses ont finit par se débloquer grâce à Jean-Jacques Goldman qu’il va voir pour lui demander s'il accepterait d’écrire les paroles d’une chanson, Jean-Jacques accepte et écrit "J’en rêve encore" qui va se vendre jusqu’ à 450.000 exemplaires. A partir de ce geste et de leur conversation Gérald reprend confiance en lui et commence à écrire les chansons de l’album une semaine après sa collaboration et fini l’album en cinq mois, un album qui va représenter beaucoup pour lui car explique t-il "J'ai longtemps cru que je n'arriverais pas à le composer."
Jean-Jacques Goldman n'est pas le seul artiste a avoir
prêté sa plume à cet album on retrouve Maxime Le forestier. "J’ai rencontré par hasard Maxime Le Forestier. Il était
en train de mixer son propre album à 50 mètres de chez moi, et
nous avons été présentés par un ami commun. On discutait de
tout et de rien dans le studio. Moi, j'avais fini mon album,
lui était en train de mixer, et donc tout était presque fini.
C'est souvent une période où tu es vachement détendu, mais où
tu es en même temps excité parce que tu es encore dedans.
J'avais en fait une petite mélodie qui traînait mais pas de
texte, et on a fini par bosser ensemble comme ça. C'était une
super expérience parce que nous avons passé trois nuits
ensemble dans le studio. Moi, je jouais de la guitare pendant
que lui écrivait le texte, et il est très rare de voir un
auteur écrire devant toi. Il écrit généralement au calme ou
bien où il veut, mais rarement devant la personne pour qui il
le fait. C'était une espèce de petit cours particulier qui
n'arrive pas souvent. C'était donc vraiment une super
expérience de le voir faire ça du premier au dernier
mot."
Et pour terminer nous retrouvons un texte de Raoul Nativel le grand-père de Gérald De Palmas "Je trouvais sympa de sortir ce texte de l’anonymat car il possède une puissance extraordinaire. Je ne voulais pas qu’il reste dans un recueil de poèmes réunionnais. Je n’ai connu mon grand-père, qui est mort très jeune, qu’à travers ses textes et ce que ma grand-mère m’en a dit. Je suis mélancolique de nature, et depuis tout petit, on me dit que j’ai hérité de lui ce trait de caractère. Pour le prouver, j’ai choisi le poème le plus triste !!"
Si vous lisez les paroles de cet album on s' aperçoit très vite que Gérald ne tient jamais le beau rôle comme par exemple dans la chanson "Déjà". Il le dit lui-même "Si tu écris une histoire de séparation, une histoire d'amour, tu prends le rôle de l'homme évidemment, puisque je suis un garçon. Si tu commences à faire un texte où tu as le beau rôle, ça tourne rapidement au texte macho, au prétentieux à mort. C'est plus intéressant, plus drôle de se mettre dans le rôle du type qui en prend plein la gueule. Je trouve ça plus marrant.
Dans ce troisième album la guitare folk est plus présente que dans les autres voici l' explication de Gérald: "Je voulais que la guitare folk reprenne un peu plus d'importance dans ce troisième album par rapport à l'album précédent où je l'avais un peu noyée dans les arrangements. Mes textes ne parlent pas toujours de choses très gaies mais j'ai toujours essayé de contrebalancer ça avec des musiques assez syncopées et qui ne soient pas tristes. J'aime dédramatiser les choses, j'aime les mélanges, le fait qu'il y ait plusieurs influences musicales."
En janvier 2001, Gérald De Palmas et ces musiciens commencent une tournée à travers la France pour défendre cet album, celle-ci finira le 19 mars 2002 à Nîmes, à chaque ville ou il passe ses concerts sont complets. Le succès est au rendez-vous dans les salles et aussi dans les bacs son album devient rapidement album diamant.
Titres
"Cette chanson parle de l'éducation en général. C'est sûr que le fait d'être père d'un petit garçon me préoccupe et m'a influencé mais, en l'écrivant, je pensais surtout à moi. L'éducation peut parfois être un frein, t'empêcher de vivre certaines choses lorsque tu es adulte parce que, depuis que tu es gamin, on t'a toujours interdit de les faire."
"Marcher dans le sable, se sentir coupable", j’aime bien cette phrase même si elle n’a aucun sens"
Gérald De Palmas est dans une impasse, il n'arrive plus à créer cela fait deux ans environ qu'il a ce problème, il n'a pas confiance en lui, il écrit et jette ses textes sans essayer de comprendre pourquoi ces textes ne lui plaisent pas.. Un jour, il se décide enfin à chercher de l'aide, l'artiste en mal de texte ne veut pas un texte, il veut une vraie collaboration. La personne qui correspond à ces attentes c'est Jean-Jacques Goldman, "j'avais toujours bien aimé la façon de voir son travail." déclare Gérald De Palmas.. Il va voir le faiseur de tubes sans penser au quand dira-t-on, JJG accepte, l'auteur du tube sur la route lui propose 4 ou 5 musiques, il en choisi une et lui répond "Bon, je vais faire le texte sur celle-là"... Un mois plus tard, ils se revoient, l'auteur de J'en rêve encore met une cassette ou il chante "j'en rêve encore" dans un petit magnéto et montre le texte. Ils écoutent ensemble, au début de la chanson Gérald De Palmas est crispé et, au fur et à mesure il se relaxe, le texte lui plait. C'est un vrai soulagement pour lui, il avait eu peur qu'il soit obligé de dire à un des plus grands auteur/compositeur de France "oui mais c'est pas ça que je voulais", il avouera quand même lui avoir cassé les pieds parce qu'il voulait changer 4,5 trucs, ce que fera Jean-Jacques Goldman et puis finalement en voyant les changements, Gérald De Palmas a dit "je me suis trompé, la version de base était mieux."... En plus de lui avoir écrit un texte, Jean-Jacques a parlé avec lui, il l'a rassuré, il lui a redonné confiance.
"De Palmas était quelqu'un pour lequel j'avais beaucoup d'estime. Chaque fois que je l'avais croisé, je sentais que c'était un type très digne, très intègre, très entier. J'aime ça. Quand, au festival Solidays où je l'avais invité à nous rejoindre sur scène, il m'a dit qu'il était planté sur un texte, j'ai proposé de lui refiler un coup de main. C'est tout."Jean-Jacques Goldman
Gérald De Palmas a presque terminé de mixer son album. Maxime Le Forestier mixe son album dans un studio à quelques pas de chez lui, un ami commun les présente, ils parlent ensemble, Gérald lui fait écouter une petite mélodie qu'il a écrit dont manque les paroles, il en tombe sous le charme et ils finissent par travailler ensemble "comme ça". Ce fut une mémorable expérience pour le chanteur, 4 nuits dans un petit studio a jouer cette mélodie pendant que l'auteur San Francisco écrivait Tomber... Expérience de plus rarissime puisque les artistes écrivent rarement devant la personne qui va chanter le texte, "C'était une espèce de petit cours particulier qui n'arrive pas souvent. C'était donc vraiment une super expérience de le voir faire ça du premier au dernier mot. " a déclaré Gérald De Palmas.
"D'après ce que Maxime Le Forestier m'a raconté, quand il a écrit "Tomber" pour moi, c'était la première fois de sa carrière qu'un de ses textes pour quelqu'un d'autre faisait un tube à la radio. Céline, c'était la cerise sur le gâteau !"
Gérald a trouvé ce poème il y a quelques années dans un recueil de poèmes écrit par son grand-père Raoul Nativel un avocat et poètes à ses heures perdues. Après avoir l’avoir lu, Gérald a décidé de « sortir ce texte de l’anonymat car il possède une puissance extraordinaire » dit-il. Raoul Nativel a écrit ce texte pour l’un de ses amis, qui a perdu sa fille, morte noyée. Plutôt que de lui adresser une lettre de condoléances. Gérald a déclaré au sujet de cette chanson : "C’est le plus beau texte de l’album ".
"Il y a beaucoup de gens qui ne trouvent pas le temps de dire "merci", de dire "je t'aime", qui n'y arriveront jamais, qui passeront à côté de ça toute leur vie. Dans la vie, il se passe parfois des choses qui te paraît aussi simple que d'avouer ton amour à quelqu'un devient très compliqué. Pour chacun, il y a différentes choses qui rentrent en jeu, ça peut être un blocage affectif qui fait que tu n'arrives pas à exprimer ça."
Sur la route de Gérald De Palmas
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